Evangéliser ? Evangélisation ?
Le Congrès-Mission, un rassemblement au service de l’Evangélisation

Dossier "Grand Angle" paru dans le numéro d’Église de Cambrai de juin 2021

 

Les mots ‘évangéliser’ et ‘évangélisation’ sont des mots qui peuvent faire peur. Ils peuvent faire penser à une volonté de conquête.

Ce sont pourtant des mots qui appartiennent à la tradition de l’Eglise. Il s’agit d’évangéliser non pas avec un esprit de conquête mais bien sûr à la manière de Jésus.

 

Le fait d’annoncer l’Evangile s’impose à l’Eglise dès les commencements.

Avant de monter au ciel, Jésus s’adresse à ses disciples avec ces mots : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Evangile à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné » (Mc 16, 15).

 

Un peu plus tard, Saint Paul dit aux chrétiens de Corinthe : «Annoncer l'Evangile, en effet, n'est pas pour moi un titre de gloire; c'est une nécessité qui m'incombe. Oui, malheur à moi si je n'annonçais pas l'Evangile!» (1 Co 9, 16).

 

Vingt siècles plus tard, le Concile Vatican II appelait encore une fois toute l’Eglise à accomplir l’œuvre de l’Evangélisation, notamment par le décret « Ad Gentes » (Envoyée par Dieu aux Nations), en permettant notamment une redécouverte de la place des laïcs dans cette mission.

 

En décembre 1975, 10 ans après la clôture du Concile, le pape Paul VI adressait une exhortation apostolique à toute l’Eglise : « Evangelii Nuntiandi » (Pour annoncer l’Evangile).

« Une telle Exhortation Nous est apparue capitale, car la présentation du message évangélique n’est pas pour l’Eglise une contribution facultative : c’est le devoir qui lui incombe, par mandat du Seigneur Jésus, afin que les hommes puissent croire et être sauvés. Oui, ce message est nécessaire. Il est unique. Il ne saurait être remplacé. Il ne souffre ni indifférence, ni syncrétisme, ni accommodation. C’est le salut des hommes qui est en cause » (N°5).

 

Après les nombreux appels du pape Jean-Paul II pour une nouvelle évangélisation des pays d’ancienne chrétienté, le pape François ouvre son pontificat par une nouvelle lettre sur l’évangélisation en novembre 2013, « Evangelii Gaudium » (La Joie de l’Evangile) : « Dans cette Exhortation je désire m’adresser aux fidèles chrétiens, pour les inviter à une nouvelle étape évangélisatrice marquée par cette joie et indiquer des voies pour la marche de l’Église dans les prochaines années. » (N°1). « La première motivation pour évangéliser est l’amour de Jésus que nous avons reçu, l’expérience d’être sauvés par lui qui nous pousse à l’aimer toujours plus. Mais, quel est cet amour qui ne ressent pas la nécessité de parler de l’être aimé, de le montrer, de le faire connaître ? Si nous ne ressentons pas l’intense désir de le communiquer, il est nécessaire de prendre le temps de lui demander dans la prière qu’il vienne nous séduire. Nous avons besoin d’implorer chaque jour, de demander sa grâce pour qu’il ouvre notre cœur froid et qu’il secoue notre vie tiède et superficielle » (N°264).

 

Dans son exhortation Evangelii Nuntiandi, le pape Paul VI rappelle que l’Evangile doit être proclamé d’abord par le témoignage de notre vie (cf. N°21). Mais plus loin, il insiste sur l’importance d’une annonce explicite de l’Evangile en disant : « (…)le plus beau témoignage se révélera à la longue impuissant s’il n’est pas éclairé, justifié — ce que Pierre appelait donner “ les raisons de son espérance ”—, explicité par une annonce claire, sans équivoque, du Seigneur Jésus. La Bonne Nouvelle proclamée par le témoignage de vie devra donc être tôt ou tard proclamée par la parole de vie. Il n’y a pas d’évangélisation vraie si le nom, l’enseignement, la vie, les promesses, le Règne, le mystère de Jésus de Nazareth Fils de Dieu ne sont pas annoncés. » (N°22).

 

Le Congrès-Mission qui aura lieu à Lille les 1er, 2 et 3 octobre (ainsi que dans 9 autres villes de France), veut être au service de cette annonce explicite de notre foi chrétienne dans le monde d’aujourd’hui.

Il se propose de réunir le temps d’un week-end tous ceux qui veulent réfléchir à l’évangélisation et trouver des moyens concrets de proposer la foi en paroisse, à l’école, dans l’espace public…

Il a été créé en 2015 par plusieurs mouvements et communautés (Anuncio, Alpha, Ain Karem et la Communauté de l’Emmanuel). Il se veut un lieu d’échange et de formation pour découvrir diverses manières de proposer la foi.

 

Voici des exemples de thèmes qui seront abordés à Lille sous forme d’ateliers et de tables-rondes:

  • Comment proposer la foi en paroisse ? Comment rendre à la paroisse sa vocation première : être une communauté de disciples-missionnaires ?
  • Comment proposer la foi quand on est éducateur (parent, professeur, engagé dans un mouvement de jeunesse, catéchiste, directeur d’établissement…) ?
  • Comment proposer la foi dans ses engagements sociétaux ? Dans son travail ? Dans ses engagements bénévoles ? Dans ces engagements politiques ?
  • Comment proposer la foi en couple ? Comment accomplir la vocation du mariage chrétien d’être dans le monde image de l’amour de Dieu ?
  • Comment proposer la foi à tous ceux que nous croisons dans l’espace public : la rue, les médias, les réseaux sociaux, les lieux et événements ouverts à tous ?

 

Le Congrès sera précédé d’une journée pour les prêtres le vendredi 1er octobre, en présence du nonce apostolique en France, Monseigneur Celestino Migliore qui interviendra sur le thème « Evangélisation et promotion humaine. La conversion pastorale selon le pape François ».

Le Congrès commencera le vendredi soir par une veillée à la cathédrale de Lille (et en simultané dans d’autres églises de la ville si besoin). Et il se prolongera le samedi et le dimanche essentiellement à l’Université Catholique et aussi dans différentes églises par des ateliers, des tables-ronde, des temps conviviaux dans le village du Congrès (avec buvettes !), des temps de prière, des messes, des veillées…

Le prix pour participer au Congrès-Mission est de 39€. Des actions peuvent être faite dans les paroisses pour aider le plus grand nombre à participer à ce temps fort de formation et de rencontre.

 

Voici le témoignage de Marie Hémar, de Cambrai :

« Le Congrès Mission vécu à Paris en 2017 avec quelques paroissiens fut une véritable surprise : non, l'Eglise ne ronronne pas : elle vit de façon éclatante, jeune et  joyeuse! Non, nous ne sommes pas quelques irréductibles mais très  nombreux à vouloir que le monde connaisse l'amour de Dieu. Des chrétiens venus de tous horizons se rencontrent, partagent leur foi, leurs idées, leur vécu et c'est très enrichissant.  Le congrès mission à Lille ? À revivre avec joie ! »

Plus de renseignements et inscription sur congresmission.com

 

P. Mathieu Dervaux

Vicaire général pour l’Evangélisation

Article publié par Service communication • Publié le Jeudi 17 mars 2022 - 11h24 • 509 visites

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