La Paix : l’espérance nous met en chemin

Dossier "Grand Angle" paru dans le numéro d'Eglise de Cambrai de decembre 2020

Avec l’Avent nous entrons dans le temps de la Paix qui dure jusqu’à l’Epiphanie. La semaine de la Paix du 7 au 13 décembre et la journée de la paix, le 1er janvier rythme ce temps qui nous invite cette année à nous mettre en chemin grâce à l’espérance.

La paix, cette notion au cœur de notre foi chrétienne mérite bien de prendre le temps de la comprendre, de la laisser raisonner en nous et de découvrir ensemble quel sens elle peut prendre selon notre pays, notre histoire, notre situation.

« La paix est un bien précieux, objet de notre espérance auquel aspire toute l’humanité. » affirme le pape François, il ajoute que la paix « est un édifice sans cesse à construire, un chemin que nous faisons ensemble ».

Faire la paix, vivre en paix, la paix des ménages… autant d’expressions qui montre la richesse de la paix. Elle est sociale, intérieure, territoriale et peut prendre encore de multiples formes.

Au fil des témoignages allons à la découverte de différents visages de la paix …

 

•             La paix des ménages, un fondement de la relation de couple

L’importance de la paix dans le couple expliqué par Jacques Wecxteen, conseiller conjugal au sein du CLER Amour et Famille.

« Tout le monde est pour la paix des ménages, mais la paix ne va pas gommer les différences entre hommes et femmes. La paix oui mais pas n’importe quelle paix ! Elle se construit, et pour cela il faut accepter les conflits, c’est quelque chose de tout à fait normal mais il ne pas en rester au conflit. Pour cela il faut utiliser le moyen de la communication, ce n’est pas un échange de grief, c’est d’abord une disposition d’esprit. » Mr Wecxteen indique que « pour écouter il faut savoir se taire et prendre au sérieux ce que l’autre dit, c’est dire ce qui nous a blessé sans accuser l’autre. » L’occasion pour lui de nous rappeler que la paix dans un couple n’est possible qu’avec le respect mutuel, la considération de l’autre.  « La communication c’est sentiment de l’un avec acceptation du sentiment de l’autre.»

Il nous rappelle qu’« il n’y a pas de couple en paix sans pardon » et précise « pour les chrétiens c’est peut-être plus facile avec le notre père. » Mais pour cela il faut comprendre que « le pardon, ce n’est pas j’efface et puis j’oublie, c’est plutôt accepter et faire confiance à l’autre ». Il nous rappelle que la paix ça se construit, dans un couple « par un dialogue journalier, par des moments qu’on ne garde qu’a soi » comme par exemple avec les équipes Notre Dame. Il rappelle l’importance de faire des projets et que chacun puisse s’exprimer mais aussi l’importance d’avoir de « bons amis » pour ne pas rester seuls et avoir une ouverture aux autres.

De ce témoignage ressortent quelques notions clés, la paix est liée intrinsèquement au pardon, à la communication, au respect et surtout elle se construit jour après jour.

 

•             Vivre en paix, une espérance forte pour les pays en guerre

L’espérance de la Paix est d’autant plus forte dans un pays en guerre, comme en témoigne le père Daniel Gbaté-Bomoko, originaire de Centrafrique* et en insertion à Douai.

Pour le père Daniel, il y a deux regards sur la paix, celui du profane et celui du chrétien.
Il indique que de sa place d’homme blessé « la paix vaut la peine d’y croire », mais elle est parfois un instrument de guerre. « Œuvrer pour la paix, quand elle est instrumentalisée ou au service d’une idéologie cela peut amener à la guerre. Dans cette perspective on ne peut pas parler de paix »

Le regard chrétien sur la paix, c’est un regard d’espoir, d’espérance « si on croit, si on prie, on ne croit pas une idéologie, on croit en une personne, au Christ, qui nous apporte réellement la paix. » « Cette paix, cette béatitude, c’est chaque homme, chaque femme, chaque enfant qui essaie de vivre le véritable amour, la véritable fraternité, la véritable égalité, la véritable dignité, la véritable liberté. »

La paix est liée à la notion de communauté, Daniel précise « deux personnes c’est une communauté, et pour vivre en communauté, il faut la paix qui est en lien avec la justice, la liberté, la reconnaissance de la dignité, la fraternité, le vivre ensemble et l’amour. C’est ça vivre en harmonie, vivre en paix »

Il ajoute « il faut laisser la place à l’Autre, à ce qu’il est, a ses droits et ainsi on peut construire la paix ».

Il conclue pour vivre en paix « il faut une rencontre, une croisée avec l’amour, la liberté, la justice, la reconnaissance d’unité, la fraternité, le vivre ensemble. »

De ce témoignage ressortent d’autres notions clés, pour vivre en paix il est important de garder l’espérance (qui comme le dit le thème de cette année, nous met en chemin) et de défendre les valeurs fondamentales : l’amour, la liberté, la justice, la reconnaissance d’unité, la fraternité, le vivre ensemble.

 

 

•             Faire la paix, une mission au cœur de réalités locales.

Paix et solidarité sont étroitement liée et la société St Vincent de Paul en est un véritable témoin.

Mme Hautecoeur présidente de l’antenne de Maubeuge précise : « nous ne parlons pas vraiment de paix mais plutôt de vivre ensemble » et savoir vivre ensemble, c’est pouvoir faire la paix autour de soi.

« Généralement chez nos bénéficiaires les tensions viennent souvent du manque d’argent et la solidarité permet de calmer les conflits, elle ramène la paix, notamment dans les ménages. »

Maubeuge est un lieu de grande mixité sociale et religieuse, il est donc important de créer des moments d’échanges entre les communautés, de créer une bonne ambiance. La société St Vincent de Paul de Maubeuge a pris le parti d’organiser de ateliers cuisine une fois par mois pour répondre à ce besoin. « Nous alternons cuisine classique et cuisine halal, préparer un repas tous ensemble set très enrichissant et le partage du repas qui suit est un véritable moment de convivialité » un beau témoignage du vivre ensemble, en harmonie et dans la paix.

La présidente précise à propos des bénéficiaires « quand ils viennent ici ils ne font pas de différence, ils discutent entre eux, il y a un véritable échange », ce qui montre qu’un climat solidarité permet de faire la paix autour de soi.

Ces trois témoignages nous permettent de mettre en évidence différentes notions clés : l’amour, le respect, le pardon, la liberté, la justice, la reconnaissance d’unité, la fraternité, le vivre ensemble, l’ouverture aux autres. Cette complexité montre bien que la paix se construit jour après jours et qu’elle doit être protégée pour nous permettre de vivre ensemble en harmonie.

 

 

* La troisième guerre civile centrafricaine est un conflit inter-communautaire entre 2013 et 2015 en République centrafricaine.

Elle oppose notamment les milices de la Seleka, à majorité musulmane et fidèle au président Michel Djotodia, à des groupes d'auto-défense chrétiens et animistes, les anti-balaka, fidèles à l'ancien président François Bozizé et accusés d'être soutenus par des anciens militaires des Forces armées centrafricaines.

Le conflit se caractérise par de nombreuses exactions contre les civils, musulmans ou chrétiens. Un grand nombre d'entre eux fuient les villages pour se réfugier dans la brousse.

Article publié par Service communication • Publié le Mardi 23 mars 2021 • 804 visites

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