Le temps Pascal

L’année liturgique est composée de trois grands cycles :
le cycle de Noël qui va du 1er dimanche de l’Avent à la fête du Baptême de Notre Seigneur.
Le cycle du Temps ordinaire, trente-quatre semaines qui courent entre le Baptême du Seigneur et le Carême, d’une part, et de l’autre, entre Pentecôte et Avent.
 commence le mercredi des Cendres, premier jour du carême, culmine par le Triduum Pascal et se continue par le Temps Pascal qui va de Pâques à la Pentecôte.

                                                                                                                                                                                   

               Très vite, la célébration annuelle de la Pâque est entrée dans la vie des premières communautés chrétiennes. Elle apparaissait comme une fête qui se poursuit pendant cinquante jours. Tertullien parle d’une « Pentecôte d’allégresse », célébrée dans la joie et l’exaltation comme un unique jour de fête ; saint Athanase comme saint Irénée parleront d’un « grand dimanche ».

 

               Progressivement l’unité de cette Cinquantaine d’allégresse fut rompue et ce sont les normes de l’année liturgiques, promulguées en 1969, qui la remettent en valeur.

 

L’octave de Pâques

 

               L’octave de Pâques, les huit premiers jours du temps pascal, appelée aussi semaine « in albis » (semaine des vêtements blancs) est née dès le IVe siècle. Elle est en relation avec le baptême des adultes. Ceux-ci avaient été préparés au baptême pendant le carême par une catéchèse spécifique et on voulut continuer à leur donner un enseignement pendant la semaine qui suivait leur baptême pour leur révéler la signification des mystères auxquels ils avaient été initiés durant la nuit sainte ; Cette catéchèse est dite « mystagogique ». Toute la semaine les néophytes gardaient leur vêtement blanc qu’ils ne déposaient que le huitième jour, pour prendre place dans l’assemblée des fidèles, non plus comme des petits enfants mais en adultes. Le caractère baptismal de l’octave de Pâques a inspiré nombre d’oraison et d’antienne comme celle qui ouvre ce dimanche dit de « quasi modo » : « comme des enfants nouveau-nés, soyez avides du lait pur de la Parole, qui vous fera grandir pour arriver au salut, Alléluia. »

 

Les 7 semaines de Pâques

La joie de Pâques éclate tout au long de ces 7 semaines, qu’il s’agisse des oraisons ou des chants :
               « Garde à ton peuple sa joie, Seigneur Dieu, car tu renouvelles la jeunesse de son âme … » (Prière d’ouverture du 3e dimanche A)
              «  Peuples, rayonnons de joie ! […] Que le ciel se réjouisse, que la terre soit en fête, que soit dans l’allégresse le monde visible et invisible, le Christ est ressuscité, lui la joie éternelle ! » (Hymne de la Liturgie des Heures)

                        

Au premier rang des prières viennent les 5 préfaces de Pâques. Elles sont toutes bâties selon le même schéma : La première partie, « Vraiment il est juste et bon … en ces jours où le Christ, notre Pâque a été immolé. » et la dernière, « C’est pourquoi la joie pascale rayonne par tout l’univers, la terre entière exulte … » se retrouvent dans chacun des formulaires. La phrase intermédiaire met en lumière un aspect du mystère du Christ mort et ressuscité, qui est synthétisé dans le titre. 

 

Le choix des lectures proposées tant en semaine que le dimanche constitue en lui-même une catéchèse de la Pâque. Deux livres y tiennent une place exceptionnelle : les Actes des Apôtres (toujours lu en première lecture) et l’évangile selon St Jean.

 

Le dimanche comme deuxième lecture, on trouve au cours de l’année A  la 1ère lettre de Pierre, l’année B  la 1ère lettre de Jean et l’année C  le livre de l’Apocalypse.

 

Quant aux Évangiles, pendants 3 dimanches ils nous racontent les apparitions du Christ ressuscité ; le 4e dimanche ils nous montrent l’image du Christ bon pasteur en saint Jean chap 10 et les 5,6,et 7e dimanche nous font entendre le discours d’adieu de Jésus en Saint Jean chap 13 à 17.

                             
                              Dans les lectures bibliques du temps Pascal, la chronologie des évènements n’est pas toujours bien respectée. Par exemple, le jour de Pâques, on lit un discours de Pierre prononcé le jour de la Pentecôte, soit cinquante jours après Pâques. Ou encore, pendant l’année A, l’évangile du jour de la fête de la Pentecôte décrit l’apparition du Christ ressuscité à ses apôtres le soir de Pâques.

                              Il s’agit ainsi de souligner l’unité du temps Pascal :  La résurrection de Jésus est déjà l’œuvre de l’Esprit-Saint. Inversement, le don de l’Esprit Saint à la Pentecôte permet à l’Église de diffuser la vie de Jésus ressuscité, notamment par les sacrements.

 

 

Tout au long de ces 7 dimanches, on retrouve les signes de la Pâque :

 

  • Le Cierge allumé dans le chœur de l’église ; allumé et bénit la nuit de Pâques, il y restera jusqu’au jour le la Pentecôte puis rejoindra le lieu des baptêmes ; il est signe et symbole du Christ ressuscité, lumière du monde. (rappel : si plusieurs « clochers » célèbrent ensemble la veillée pascale, un seul cierge est allumé au début de la célébration.)  Le cierge pascal ne reprendra place dans le chœur que pour la célébration des funérailles.
  • L’eau du Baptême : Le rite de l’aspersion sera privilégié comme rite pénitentiel.
  • Le blanc, couleur du Ressuscité, pour les ornements et aussi pour les compositions florales.
  • Les Alléluias qui doivent jaillir à profusion pendant ces 50 jours ;
    le lectionnaire prévoit que l’on peut chanter « alléluia » en guise d’antienne du psaume.
    L’envoi par le diacre ou le prêtre est orné d’alléluias le jour de Pâques, pendant l’octave et le jour de la Pentecôte.                                                                           

 

L’ascension

               L’Ascension du Seigneur est célébrée le quarantième jour après Pâques, à moins que, là où elle n’est pas de précepte, elle ne soit reportée au VIIe dimanche de Pâques. Elle célèbre I‘entrée définitive de Jésus, homme et Dieu, dans la vie du Père. C'est aussi l'homme Jésus qui accède auprès de son Père.
C'est donc l'humanité qui, désormais, prend place au cœur même de la vie divine.
Ainsi, la résurrection de Jésus n'est pas un simple épisode de l'histoire terrestre car elle ouvre à toute l'humanité les portes d'un monde supra-terrestre : la vie en Dieu, la vie éternelle.
« l’ascension de ton Fils nous introduit déjà auprès de toi … » (prière d’ouverture)
Les féries après l’Ascension, jusqu’au samedi avant la Pentecôte inclusivement, sont une préparation à la venue de l’Esprit-Saint Paraclet.

                                                                                                                                                                 

La Pentecôte

               50 jours après Pâques, la fête de la Pentecôte tient une place essentielle dans le Mystère pascal, car elle célèbre la création de l'humanité nouvelle : l'Église.
               En envoyant son Esprit Saint, le Seigneur cherche à rassembler tous les hommes à l'intérieur même du Christ. L'Église, c'est réellement le Corps du Christ, à savoir l'agrégation par l'Esprit Saint de tous les hommes dans le Christ. Le Christ ressuscité agit désormais pour s'associer et incorporer en lui, dans son propre Corps ressuscité les hommes qui désirent désormais vivre en lui et par lui.
               Nous voyons donc que l'Église n'est pas d'abord une institution sociologique, mais qu'elle est cette réalité mystérieuse dans laquelle les hommes sont rassemblés par l'Esprit-Saint pour devenir ensemble le Corps du Christ.

 

                Avec la Pentecôte se termine donc le Temps pascal. Pendant cinquante jours nous fêtons Pâques au point que les 7 dimanches ne sont plus appelés dimanche « après » Pâques mais dimanche « de » Pâques.
Le Temps pascal nous fait entrer dans un temps de célébration et d’approfondissement de la joie d’être déjà (quoique pas encore…) passés de la mort à la vie à la suite du Christ !

 

Le mystère pascal n’est pas une notion mais un évènement ;

un évènement central : la mort, la résurrection du Christ, son ascension dans les cieux, le don de l’Esprit-Saint et la naissance de l’Église. Mais il est surtout un évènement qui touche chacun, qui nous permet d’envisager la résurrection du Christ non pas seulement comme un évènement majeur de l’histoire, à faire connaitre pour redonner espérance aux hommes, mais encore comme la possibilité donnée à chacun d’accueillir en lui-même la vie du Christ ressuscité et de nous unir personnellement au Corps du Christ par les sacrements.

                                                                          Bon Temps pascal.

                             

Eric Hautcoeur, diacre.

Sources : 

« Normes universelles de l'Année liturgique et du Calendrier »

« Dans vos assemblées »  (sous la direction de J. Gélineau)      Desclée

« L’Église en prière » vol IV La liturgie et le temps (A.G. Martimort, I.H. Dalmais, P. Jounel)    Desclée        
                                                                                                                                               

 

Article publié par Service communication • Publié le Mardi 19 avril 2022 - 11h08 • 841 visites

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