Des séminaristes au service des enfants du patro de Denain

Le Patro "Les bleuets du Nord" accueille chaque été plus de deux cents enfants. Des séminaristes sont devenus animateurs pendant quelques semaines.

Il y a plus de cent ans, la congrégation des Servantes des pauvres fondait le Patro à Denain. Apostolat discret mais fécond, il accueille pendant l’année de nombreux enfants et jeunes de milieu défavorisé ; pour plus de 200 d’entre eux, le Patro de l’été est leurs « vacances ». De nombreux animateurs et aides, jeunes et moins jeunes, diplômés Bafa ou en formation, se donnent pour ce service. Parmi ces animateurs, quelques-uns ont un « profil » particulier : ils sont séminaristes.

Cette année, Mgr Vincent Dollmann a demandé à trois séminaristes du diocèse, Maxence Leblond, Julien Sauvé et Maxence Caputo de se joindre aux séminaristes de la congrégation Saint-Martin pour le service du Patro. Au milieu de leur formation intellectuelle et de leur service en paroisse, c’est pour chacun d’eux une expérience humaine fondatrice.

 

Pendant quelques années, Maxence Caputo a exercé son métier d’archéologue à Douai, à Rome et en Normandie ; puis il a repris une formation pour devenir bibliothécaire. Depuis toujours attiré par les églises et ce qui s’y vit, il a fait partie de la chorale des jeunes de Râches et y a cheminé vers la confirmation. Ce sont des prêtres de Douai qui l’ont aidé à discerner le désir de son cœur. Ayant longuement réfléchi sur le don de soi dans le célibat pour les autres, il a répondu à l’appel de Dieu au sacerdoce. En septembre, il entrera en deuxième année de séminaire à Orléans.

Trop loin du diocèse pendant l’année scolaire, il est en insertion auprès d’une aumônerie de collégiens à Orléans. Cet été, il a passé son mois de juillet auprès des enfants de Denain. Lors du pèlerinage diocésain à Lourdes, il sera en service à la cité Saint Pierre.

Ces semaines à Denain lui ont appris à trouver les mots pour parler avec de jeunes enfants, et surtout appris à être. Les enfants de 6-7 ans dont il s’est occupé avec d’autres animateurs, l’ont enseigné à grandir dans la simplicité, la douceur, l’humilité. Et en se laissant toucher par ces enfants qui ont chacun quelque chose de particulier, il a reçu une part de leur joie de vivre.

Les offices de Vêpres en fin d’après-midi avec les sœurs ont été pour lui des moments de décompression, des moments où il pouvait déposer au Seigneur tout le vécu de la journée, confier les joies et les peines des enfants, des moments forts et indispensables.

 

Maxence Leblond est séminariste en insertion sur le doyenné de Cambrai depuis 4 ans. Ses services pendant l’année : catéchèse dans le cadre de l’aumônerie des 6èmes, accompagnement de l’école Saint Joseph, visite aux malades de la clinique Sainte-Marie, les servants d’autel, … Pendant trois semaines du mois de juillet, il a rejoint l’équipe d’animation du patro.

De ces journées avec les 10-12 ans garçons, il retient la joie et le sourire des jeunes, l’ambiance très familiale du patro, l’énergie des animateurs et des sœurs, la diversité et la qualité des activités proposées. S’occuper de jeunes peu habitués à vivre avec des cadres, l’a fait grandir dans la patience. La messe du matin et l’office de Laudes avec les sœurs ont été pour lui deux moments importants pour prendre des forces pour les défis de la journée.

Après le patro, Maxence participera avec une vingtaine de paroissiens de Cambrai à une session pour les paroisses en mission à Paray-le-Monial, puis accompagnera le pélé Jeunes-Servants à Lourdes. Il sera ordonné diacre en vue du sacerdoce le 5 octobre à l’église Saint-Géry à Cambrai.

 

Au cours de leur séjour à Denain, les deux Maxence ont été invités par l’abbé Christophe Decherf à témoigner de ce qui se vit au patro sur les ondes de Radio Club. Ils ont aussi reçu un accueil très fraternel de l’équipe des prêtres du doyenné qui les ont ouverts aux réalités pastorales du Denaisis.

 

Julien Sauvé a trente ans. Il est séminariste du diocèse et entre à la rentrée en 1ère année de théologie au séminaire d’Orléans.  Ce qui l’a frappé au patro, c’est l’ampleur de cet apostolat, le nombre de participants et de voir que « ça roule bien ». Animateur durant les deux dernières semaines, il a été au service du groupe des 10-12 ans garçons où plus de la moitié des jeunes sont musulmans : un défit et une exigence de charité que le rayonnement des sœurs permet. Il est admiratif également de voir des jeunes de Denain donner de leur temps pour se mettre au service des plus petits et permettre à leurs cadets à vivre un temps fort pendant leur été. Ce don de soi est exigeant et, dans une société qui ne favorise pas l’engagement, il leur est reconnaissant de montrer que des jeunes vont à contre-courant.

 

Depuis plusieurs années, la communauté des Servantes des pauvres reçoit l’aide de séminaristes de la congrégation Saint-Martin. Dom Paul, modérateur général de la congrégation et présent quelques jours à Denain, témoigne que ce sont d’abord les sœurs qui les ont aidés. Lors de la fondation de la communauté Saint-Martin, les Servantes ont souvent accueilli et encouragé les frères. Et cette fraternité entre les deux communautés a perduré.

Chaque été, les séminaristes de la communauté Saint-Martin vivent deux apostolats d’été : un auprès de grands jeunes et un autre auprès des enfants.  C’est dans ce cadre que les Servantes des pauvres reçoivent des séminaristes pour le patro de Denain et celui d’Angers.

Cyprien, en stage BAFD (brevet d'aptitude aux fonctions de directeur), est sous-directeur du patro. Avec François-Marie, Sébastien, Fénitra et Augustin, il fait partie de la promotion 2019 des séminaristes Saint-Martin venus vivre un de leur apostolat de juillet à Denain.

Pour Cyprien, le patro à Denain a été la découverte d’un monde inconnu, un monde où sont vécues de grandes pauvretés familiale, morale, sociale, financière. De nombreux enfants vivent en famille d’accueil et beaucoup ont déjà, malgré leur jeune âge, vécu des situations difficiles. Les principes généraux de pédagogie et d’animation ne peuvent être utilisés ; il n’y a pas de solution toute faite ; il faut s’adapter en permanence. Aimer les enfants, agir avec le cœur, être patient, sont les recettes qui permettent de les aider à grandir. C’est déstabilisant mais ici « on se laisse former par le patronage ». Il est touché aussi de voir le grand cœur avec lequel des grands jeunes de Denain s’occupent des enfants. Chez tous les participants, enfants comme animateurs, un petit pas extérieur est souvent le signe d'une grande avancée intérieure.

 

Tous les séminaristes ont été particulièrement impressionnés par le dévouement des sœurs qui mettent leur énergie au service des malades et des enfants, pas seulement pendant un mois de l’été mais tout au long de l’année. Magnifique communauté qui trouve sa force auprès du Seigneur dans l’Eucharistie et la prière des offices. La joie, l’humilité font partie des sentiments que l’on ressent à leur contact ; qualités qui témoignent de leurs vies profondément enracinées dans l’Evangile, de vraies Marthe et Marie. Auprès d’elle, on se sent quelqu’un d’important et elles méritent bien leur nom de servantes des pauvres.
 

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Article publié par Service com • Publié le Dimanche 04 août 2019 • 198 visites

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